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 PARCOURS DIDACTIQUE:LA FICELLE ,GUY DE MAUPASSANT

         






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: 20/11/2007

: PARCOURS DIDACTIQUE:LA FICELLE ,GUY DE MAUPASSANT    26 2008 - 15:41

PARCOURS DIDACTIQUE
LA FICELLE
GUY DE MAUPASSANT


MOHAMMED RAJ
Professeur de Franais, lyce Errazi, Settat



Nous proposons daborder cette nouvelle partir de deux notions de base ; savoir celle d histoire et celle de narration . Cette distinction fondamentale nous permet de montrer que par le terme histoire -fiction selon Lintvelt- on dsigne les vnements, le contenu raconter ; et par le mot narration on revoie la manire avec laquelle linstance narrante raconte ces vnements au lecteur. De l, on peut dduire que le texte narratif est un espace scriptural dichotomis, puisquon y trouve une matire (histoire) et une manire de traiter cette matire (narration).
Ce genre de prcision nous conduit donc tirer les remarques suivantes :
Au niveau de la narration, linstance qui prend en charge le rcit peut procder :
- changer lordre chronologique des vnements (anachronies) ;
- garder le silence sur un vnement (ellipse) ;
- Rsumer un vnement (sommaire) ;
- prsenter un vnement au moment de son droulement. (la scne).
Ces quatre rapports revtent une importance capitale, puisquils tmoignent des niveaux dintervention de linstance narrante dans la digse. Le lecteur, en tant que destinataire virtuel, devrait tre sensible toutes ces tentatives de digtisation de la matire narrative, non seulement pour saisir la porte de lhistoire raconte ; mais surtout pour tre capable de dterminer le fonctionnement du rcit en tant que discours ayant une structure et une logique intrinsques.
Pourquoi donc lexamen de ces rapports ?

Nous pensons que ces quatre techniques fonctionnent dune manire pertinente dans luvre et que leur mise en vidence nous permettrait dinterroger les lments narratologiques qui sous-tendent lcriture de la nouvelle. Ainsi, tenant compte de cette remarque le parcours que nous suggrons sarticulera sur deux axes essentiels :1-la structure redondante du rcit 2- les chos du silence et de la parole dans luvre de Maupassant
Parcours premier :
La structure redondante du rcit
:

I) un rcit en ricochet : En tant que genre littraire, la nouvelle, comme le conte, se caractrise par la redondance des squences narratives. Autrement dit, une mme squence peut se rpter selon des dterminations spatiales et temporelles diffrentes. La Ficelle de Guy de Maupassant ne fait pas exception la rgle, puisque le rcit semble fonctionner selon le principe de la redondance qui se manifeste deux niveaux : vnementiel et spatial.
A) Au niveau vnementiel : Une lecture du rcit partir du schma narratif quinaire de T. Todorov nous permet de restituer lhistoire comme suit : 1- situation initiale : Matre Hauchecorne trouve le bout de ficelle2- Elment modificateur : Malandain fait sa fausse dclaration. 3- Pripties : - convocation d Hauchecorne devant le Maire, il est accus davoir trouv la ficelle et gard le silence sur cet vnement. Il en fut indign, touch dans son amour propre- la nouvelle se rpand dans toute la ville. 4- lment de rsolution (provisoire) : Marius trouve le portefeuille.5- situation finale : Matre Hauchecorne croit avoir triomph.
Il est tout fait possible de considrer que cette partie du rcit constitue une premire squence ayant un dbut, une intrigue et une fin. Mais le lecteur saperoit trs vite que la situation finale de la premire partie est le point de dpart dune autre squence qui, elle, promet dautres horizons vnementiels. La deuxime squence peut se lire de la manire suivante :
 A) situation initiale : Le triomphe provisoire du Matre Hauchecorne. B). lment modificateur : les moqueries du fermier et des gens de Goderville. C) Pripties : indignation et surprise de M. Hauchecorne D) lment de rsolution : absent. E) situation finale : la mort d Hauchecorne.
Larticulation des deux squences se fait donc comme suit :
2/B : llment modificateur est le mme : une accusation non justifie, avec la diffrence que dans B, on passe de laccusation faite par Matre malandain(2) celle appuye par les villageois. En fait,. Hauchecorne peut se dfendre contre Malandain, mais, seul il ne peut rien contre tout le village, situation qui augure dun vnement malencontreux.
- 3/C. Presque les mmes ractions, les mmes sentiments caractrisent 3 et C.
- 4/D : Marius aurait pu jouer le rle dun vritable adjuvant. Son tmoignage aurait pu sauver M. Hauchecorne, mais sa condition sociale lempche dagir en tant que tmoin. Le (D) note labsence de llment de rsolution et prpare, en consquence, une fin inattendue. En effet, labsence de llment de rsolution dans (D) atteste de limpossibilit de trouver une solution une situation de toute complexit. Vers la fin du rcit, le narrateur dit son innocence lui apparaissait confusment impossible prouver. .
- 5/E La situation finale est le point de dpart dune nouvelle squence. Avec (E), le rebondissement de laction est annonciateur dune situation trouble, puisque le moment o Hauchecorne croit avoir triomph, cest le moment o il lui semblait sentir des propos derrire son dos. .
Il est remarquer que dnouement et intrigue, triomphe et dception, certitude et incertitude concident dans le mme espace narratif pour mettre le personnage dans un tat psychologique on ne peut plus critique, faisant ainsi de lhistoire racont un univers dantagonismes formant le noyau smantique de la nouvelle.
La redondance se manifeste aussi au niveau du choix des units spatiales servant de cadre aux vnements.
B- Au niveau spatial:
Au niveau spatial, le redondance est annonce par le retour des mmes units spatiales : la rue dune part et lauberge de M. Jourdain dautre part. En tant quunit dite intermdiaire, la rue apparat deux moments forts dans lhistoire : le premier quand Hauchecorne ramasse la ficelle sous le regard malicieux de Malandain ; le second lorsque, dsespr, Hauchecorne se rend plusieurs fois cette rue pour reconstituer et expliquer lvnement source de son discrdit.
-Lauberge :
Lauberge apparat deux fois dans le rcit. En effet, cest dans ce lieu de repos, de rencontre autour de la table avec les gens du village que les gendarmes viennent chercher M. Hauchecorne. Cest galement dans lauberge quil resta suffoqu quand on la accus davoir cherch un complice (Marius) pour rendre le portefeuille son propritaire, Monsieur Houlbrque. La redondance au niveau de la configuration spatiale a pour corollaire la progression narrative qui sacheminer vers une tension dramatique incontournable. Lauberge devient alors le lieu o se tissent les premier fils du sort tragique de monsieur Hauchecorne. Cet espace fait office dun tribunal o laccus est ouvertement condamn non par une instance juridique, mais par ses semblables les plus familiers.
- La scne :
Dans le rcit, il y a deux scnes importantes qui se passent, des moments diffrents, dans le bureau du maire. Mais si Hauchecorne sort presque vainqueur de la premire confrontation avec le maire, puisque ce dernier fut fort perplexe et le laisse partir faute de preuves convaincantes ; dans la seconde, le pauvre paysan se trouve accul se dfendre mais cette fois sans espoir dchapper au pouvoir destructeur de la malice de Malandain. La technique de la scne, comme procd thtrale visant mimer la ralit et confrer au rcit le caractre de la vraisemblance, laisse le lecteur dcouvrir de lui-mme les diffrentes ractions des personnages protagonistes.



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Que signifient donc ces rptitions dans le rcit ? Il ne serait pas inutile de rappeler quau XIX Sicle, conte et nouvelle renvoyaient au mme genre littraire. Des crivains comme Guy de Maupassant, Thophile Gautier, Prospert Mrime employaient indiffremment le mot nouvelle pour dsigner un genre narratif sapparentant au conte. Or il se trouve que la redondance des squences narratives est lune des caractristiques fondamentales du conte comme lont montr les tudes smiotiques des textes narratifs. La duplication, la triplication, voire la quadriplication dune squence narrative tendent le plus souvent mettre en lumire les rapports doppositions qui sous-tendent le fonctionnement interne du rcit. Ces rapports dopposition organisent le rcit selon deux isotopies mettant en parallle deux orientations narratives antithtiques. Cela dit, on peut schmatiser le rcit comme suit :








Squence 1Squence 2

triomphe provisoire dHauchecorne.

- auberge, lieu de rencontre et de discussion.

- mise en uvre de lintelligence de Hauchecorne vie.

- culpabilisation dfinitive du paysan.

- auberge, lieu de jugement et dincrimination

Hauchecorne fou mort.








Le rcit se lit donc comme un espace de situations opposes constituant les lignes de forces de la matire narrative. La figure de lantithse semble une matrice gnratrice de lcriture de la Ficelle. Cest partir de la notion de lantithse que lon pourrait comprendre les relations entre les personnages : Malandain na- t-il pas un diffrend avec Hauchecorne au sujet dun licorne ? Dans la Parure, Mathilde Loisel nest elle pas le double ngatif de Madame forestier ? Dans Aux champs, Charlot na- t-il pas quitt sa famille parce quil se sentait horriblement diffrent de Jean ?
La figure de lantithse ne concerne pas seulement laspect formel du rcit, elle a galement trait aux thmes matriciels de la nouvelle, savoir la problmatique de la parole et celle du silence . En effet, chez Maupassant, il y a souvent un silence qui a pour consquence une situation finale malencontreuse, voire tragique. Marius, titre dexemple, aurait pu tre un adjuvant de taille dHauchecorne, une pice matresse dans le procs du pauvre paysan. Mais sa situation de valet ne lui permet de parler : dans une socit fortement hirarchise, la parole importante reste lapanage spcifique des gens influents.

Dans la Parure, bien quil ne sagisse pas de la mme situation, le silence de Mme Forestier semble tre fatal pour Mathilde Loisel. Dans cette oeuvre de Maupassant, le lecteur ne peut sempcher de se poser la question suivante : pourquoi Madame Forestier na t-elle pas dit son amie que la rivire de diamants tait fausse ? Cette information aurait certainement pargn dix ans de misre Mathilde Loisel. Intentionnel ou non, le silence de madame forestier se trouve la base de la dchance de Mathilde loisel. Dans Pierre et Jean, roman du mme auteur, la mre a su garder le silence pendant des annes jusquau jour on lon dcouvre que Pierre est le demi frre Jean. Profondment afflig par la tratrise de sa mre, Pierre choisit lui aussi de garder le silence et dcide de prendre le large pour en finir avec une mre qui a tromp son mari et ses enfants durant des annes sans que personne ne sen aperoive.
Apparemment, le silence qui traverse en sourdine le rcit ne peut tre considr comme une ellipse narrative, mais un schme, une structure, voire une matrice gnitrice dun horizon incertain et, partant, inquitant. Ainsi, Maupassant reste-il fidle lun des principe de base du courant raliste, savoir le pessimisme mettant en crise toute tendance vers un idal quelconque.

Contre le silence de Marius et du maire, il y a la menterie de Malandain. Ce dernier parle mais ses paroles sont mensongres. A y bien rflchir, tout mensonge est un silence intentionnel sur une vrit quelconque. Le mensonge est lexpression mtaphorique du silence, puisque le menteur agit sur la parole vraie au moyen de la parole fausse dans les plis de laquelle il cache une vrit illusoire. Devant le mutisme de Marius et les menteries de Malandain, Hauchecorne se trouve dans lobligation de faire valoir sa parole. Mais, devant lincrdulit des gens, ses propos sont vite tourns en drision.
Le rcit obit donc une structure dialogique tant au niveau du fonctionnement du rcit quau niveau des thmes matriciels mis en fiction. La dichotomie parole / silence , loin dtre uniquement une thmatique rcurrente dans luvre de Maupassant, sannonce surtout comme une logique structurant lunivers fictionnel de cet crivain qui a beaucoup souffert en silence et dont certaines productions littraires ne sont que lcho dun silence, dun mal vcus comme exprience thique et esthtique.

Parcours deuxime : Le rcit parallle ou lart de la dissimulation :
Lanalyse smiotique du texte narratif a montr quun rcit peut comporter un ou plusieurs programmes narratifs (P N) dont les actants interagissent selon une relation dopposition ou d adjuvance . Autrement dit, une squence narrative peut se dvelopper en fonction du rle actantiel des forces agissantes dans le rcit. Ainsi, titre dexemple, le conte de Cendrillon peut se lire selon le programme narratif de Cendrillon comme il peut tre abord selon celui du prince ou celui de la mchante belle-mre. Chaque personnage- actant volue en fonction dun objet et se trouve au centre dune srie dvnements qui constituent la charpente du rcit. Cette particularit caractrise aussi le rcit filmique. En effet, souvent, dans les films policiers, lhistoire se dveloppe dans deux directions : celle du hros ou de la police et celle des malfaiteurs , de sorte que le spectateur suit simultanment deux histoires complmentaires dune manire indpendantes. Actuellement, Lcriture de scnario dans les productions cinmatographiques amricaines et mexicaines font de la multiplicit des P N une esthtique de base mobilisant, pour une seule production, plusieurs scnaristes rivalisant dardeur et dimagination.

Pour ce qui est de la ficelle de Maupassant, cette nouvelle se donne lire selon deux programmes narratifs : celui dHauchecorne et celui du matre Malandain. Chacun de ces deux PN constitue une squence narrative part entire. Seulement, si dans la premire squence, focalise sur le personnage dHauchecorne, le narrateur raconte explicitement lhistoire de ce pauvre paysan jusqu sa dgradation et sa mort sans omettre aucun dtail utile, la seconde partie, quant elle, passe sous silence des pisodes qui ont eu lieu dans lhistoire mais qui ont t omis dessin dans le rcit. Quand Malandain a-t- il vu le Maire ? Que lui a- t-il dit au juste? Comment la-t-il dit ? Pourquoi le lecteur a le sentiment que le maire est le complice de Malandain ?
Paralllement au rcit centr sur Hauchecorne, on peut imaginer un autre dont Malandain est lacteur principal. Bien entendu le champ actantiel de ce personnage se dessine selon dautres dterminations spatio-temporelles, impliquant dautres sphres daction. Certes, lon pourrait objecter quun lecteur averti na pas besoin de beaucoup de dtails pour comprendre lhistoire, ce qui est en partie vrai, mais il faut noter que Maupassant ne partageait pas avec Zola le dsir encyclopdique de tout dire dune poque et dune socit. Dans un texte littraire, le silence serait une dimension explorer afin de mieux saisir le texte dans ses multiples facettes. A y bien rflchir, Hauchecorne ntait-il pas condamn parce quon croyait quil navait pas dclar avoir trouv le portefeuille de monsieur Houlbrque ? Ne sest-on pas servi du silence de Marius pour incriminer le pauvre paysan?
Le recours la technique de lellipse narrative, au discours narrativis ainsi quau discours synthtique digtique (ex Il eut beau protester, on ne le crut point.) deviennent des auxiliaires discursifs permettant de laisser dans lombre des lments essentiels la comprhension de luvre et prparer une fin inopine. La progression narrative se dveloppe en empruntant deux voies antithtiques clairement manifestes aussi bien dans les actions des personnages que dans les relations qui se tissent entre eux. En effet, il y a un Malandain qui accuse Hauchecorne en cachette et ce dernier se dfend en public ; le premier se rjouit de sa victoire alors que le second souffre de linjustice sociale en mourir fou et dsespr. Ainsi, parole et silence forment la toile de fond de la ficelle, uvre dont lun des enjeux majeurs reste le pouvoir de la parole comme instrument permettant dagir sur le monde.

Mise au point : Lon pourrait donc envisager dlaborer un projet squentiel qui tienne compte de ces particularits formelles et thmatiques caractristiques de lesthtique de Maupassant. Avant de mettre en excution les diffrentes activits de la squence, il est ncessaire de demander aux lves deffectuer les tches suivantes :
1- Elaborer une fiche biographique de lauteur ;
2- de lire la nouvelle et den faire le dcoupage selon le schma quinaire de T. Todorov ;
3- tablir deux schmas actantiels dans lesquels Malandain et Hauchecorne jouent tous les deux le rle de sujets ;
4- reprer les passages comportant une ellipse narrative ;
5- lire la fable de J. de la Fontaine les animaux malades de la peste et den dgager le fond thmatique et sa relation avec lhistoire dHauchecorne.
Une fois prpares, ces recherches, entre autres, feraient lobjet dune discussion et dune ngociation des rsultats des travaux effectus hors de la classe. Il serait donc opportun dhomogniser les tches afin de fixer une plate forme didactique partir de laquelle lenseignant engagera son action pdagogique sans perdre de vue lapport de chaque lve au sein du groupe classe.
Sans nulle prtention lexhaustivit, nous proposons une squence qui est le fruit dun regard personnel sur une uvre objet du deuxime module en tronc commun toutes sections confondues.
Squence : mise en scne du silence et de la parole dans La Ficelle de Guy de Maupassant
Comptences vises :
- effectuer des recherches selon des consignes prcises ;
- slectionner des informations, les organiser et les prsenter oralement ou par crit ;
- se servir du schma narratif quinaire pour crire le rsum de luvre ;
- travailler en groupes, agir et interagir



    
demende




: mupassant    12 2009 - 17:05

(la ficelle) quel vnement imprvu aurait pu constituer un lment de guy de
    
 
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