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 Un sicle d'checs scolaires

         
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: , La littrature franaise et arabe
: L'criture et la lecture
: 03/05/2008

: Un sicle d'checs scolaires    20 2009 - 11:58

Auteur: Nadia BIROUK




Un sicle dchecs scolaires







Lcole est un tablissement ducatif o lenfant peut exercer ses habilets et o il peut communiquer avec lAutre. Il est facteur de socialisation et une bote dinformation (de toutes sortes) et de culture.

Lcole peut aider llve spanouir comme elle peut le dtruire et le dstabiliser au niveau de son avenir socioculturel. Nous parlons souvent de lchec scolaire et ses effets sur lapprenant. Nous irons jusqu dire que notre sicle est un sicle dchecs scolaires. En quoi consistent-ils ? Comment parviendrons nous dlimiter ce phnomne dont souffre la plupart des pdagogues et des sociologues ? Quelles en sont les causes ? Et quelles en sont les consquences ?


Quest quun chec ?
]Selon Le petit Robert, lchec est le fait de rater ou de manquer quelque chose. Cest le fait de ne pas russir, faire des efforts pour rien ou ne rien faire tout simplement. Cette dfinition demeure superficielle puisque lchec varie dun individu un autre et dune situation une autre. C'est--dire que ltre humain, durant toute sa vie, ne fait que subir un ensemble de faits o lerreur, lexprience, lignorance, la russite, lchec sentremlent pour construire sa personnalit et pour quil puisse cxister avec ses semblables. Cest lAutre qui nous conditionne et qui juge nos actes. Cest lAutre qui dtermine nos critres de lchec ou de la russite. En effet, chaque acte individuel est dfini socialement. Nous ne pouvons dissocier le comportement de ltre humain de son existence sociologique car ses comportements, quoiquils soient individuels, sont indiquer par lAutre. Lchec en gnral est un rsultat ngatif condamn par la socit. En quoi consiste alors, lchec scolaire ? O se manifeste-t-il ? Comment le dfinir ?

Lchec scolaire


  • Dfinitions
Les conditions sociales influencent lapprentissage scolaire parfois ngativement. Nous parlons dans ce cas, de linadaptation scolaire comme tant un objet sociologique qui entrane lchec scolaire ce qui a amen les pdagogues en France tudier ce phnomne.
Pour construire sociologiquement la clinique des inadaptations scolaires, nous nous sommes appuys dans notre interprtation sur les thses dveloppes par Bourdieu et Passeron dans La Reproduction. Dans une formation sociale o lcole est un moment oblig de pdagogique qui lui est spcifique, larbitraire culturel que les rapports de force entre groupes et classes constitutives de cette socit, ont mis en position dominante. La frquence et lintensit des checs scolaires propres chaque groupe et classe, y sont une fonction des diffrences que leurs arbitraires culturels prsentent avec celui que lcole impose. Autrement dit, plus ces diffrences sont importantes, plus les enfants sont prdisposs chouer. Patrice Pinell, Markos Zafiropoulos, un sicle dchec scolaire (1882-1982),p.13.


La diffrence entre lespace familial et lespace scolaire relate lchec scolaire qui reste le rsultat logique de ce contraste. Nous pouvons dfinir lchec scolaire comme tant une crise de lenseignement qui ne prend pas en considration la socit qui prsente, en elle-mme, tout un systme ducatif des valeurs, des savoirs quil a pour charge de transmettre une culture(un patrimoine), une autre vision de voir et de qualifie lAutre...

Thories et tudes
]Plusieurs recherches taient faites dans ce sens, titre dexemple la dcouverte des inadaptations scolaires de Patrice Pinelle et Markos Zafiropoulos qui est un phnomne rcent, contemporain d la naissante de la psychopdagogie. Notamment, la clinique des checs scolaires caractrise les premires tudes dcoliers issus des classes sauvages de la socit. Elles incarnent les tudes des frontires, voire les limites de la mission civilisatrice de lobligation scolaire. Ce qui ncessite un enseignement spcialis :(les classes de perfectionnement). Cet essai mdico-pdagogique en France se dmarque par llaboration dun nouveau corpus thorique qui tient compte des tudes de A. Binet qui trouve que le classement des individus est fond sur lingalit de leurs aptitudes intellectuelles. Ce point de vue ou ce rsultat fait apparatre le sujet dbile comme lavatar malheureux dune conception moderne de lhomme. Ce qui nest pas toujours exacte]
Actuellement lenseignement a subi des transformations systmatiques normes qui ne font quaggraver, parfois, les inadaptations scolaires qui saccroissent et se diversifient. Les psychiatres psychanalytiques ainsi que les sociologues occupent donc les positions dominantes. Nous parlons galement, des tudes socio-historiques qui essayent de clarifier la notion de lchec scolaire et de chercher ses origines historiques. Les spcialistes du secteur ne sont pas seulement mus par une volont de chercher la vrit, mais par un souci de trouver les solutions convenables en tirant profit des lacunes socio-historiques qui bloquent lapprentissage ou qui entranent lchec scolaire, voire social.
Dailleurs, depuis la rvolution franaise (1789), la question scolaire y est un enjeu dcisif du rapport de force entre les diffrentes fractions des classes dominantes ce qui a donn libre cours aux tudes et aux thories sociologiques...


Les causes de lchec scolaire
Causes affectives
]La famille est la premire socit qui constitue les individus. Le premier lieu ducatif qui influence en grande partie lavenir scolaire de lapprenant, voire son avenir social (soit ngativement, soit positivement). Un enfant ne fait quimiter ses parents dans leurs moindres actions. Si ces derniers ne tiennent pas compte du niveau affectif de leur enfant et de limportance de lorienter vers son bien ou vers lui-mme ; sils ne font pas leur mission ducative comme il le faut ; sils ne prparent pas leur enfant psychiquement et physiquement affronter lcole, ils provoqueront automatiquement lchec scolaire de leur petit : vu la distance flagrante entre le milieu familial et le milieu scolaire

Causes cognitives
Pour Jean Furri et Jean-Paul Gourvitch, lchec scolaire est d linefficacit de linformation scolaire : lchec, selon eux, est le rsultat du contenu (prsent lcole) qui ne rpond pas aux besoins rels des lves et qui ne rpond pas leurs centres dintrts. Dailleurs, la culture programme dans les coles est impose aux lves. Par contre, la socit est un champ ouvert de culture. Ce qui provoque lingalit des chances dans un systme qui impose un savoir contradictoire au quotidien.

Dun point de vue plus pragmatique en tout cas, force de constater que lenseignant aujourdhui nest plus faire autorit en matire de culture, la tlvision, la radio, [linternet], les journaux, laffiche publicitaire sont eux aussi transmetteurs reconnus de culture () La culture mdiatique existe la mesure de la diversit des supports qui la diffusent[3]


Nous pouvons parler dans ce cas, de linadaptation scolaire due au savoir prsent lcole. Ce dernier reste dmotivant dans la mesure o il nimplique pas llve. Nous ne parlons plus, actuellement, des capacits ou des comptences cognitives, car les tudes prouvent que chaque individu a des habilets et des comptences qui lui sont propre et que le fait de parler des dbiles ou des avatars demeure sans fondement scientifique. En effet, le progrs prive lenseignant du privilge dtre le matre de linformation.
Causes organisationnelles
Le systme scolaire tel quel est conu par le gouvernement est souvent subjectif dans la mesure o il dpond des besoins politiques comme il entrave la cration personnelle. Tout est dict par le gouvernement : les programmes, les mthodes, les stratgies, les supports et mme le temps prvu pour chaque activit ce qui ploque le professeur et ce qui dmotive llve. Les manuels et mmes les uvres ne prsentent aucun champ dinvestigation comme ils dstabilisent et dlimitent lapprentissage. Quand lcole vhicule lidiologie politique, quand elle incarne une crise profonde dautorit dogmatique Derrire ces rsistances des systmes pesants, hirarchiques descendants du vcu politique se cachent lEchec scolaire. Lcole doit tre dcentralise, autonome. Il faut retrouver le sens du quartier, du territoire de lespace. Cest--dire que lcole doit tourner le dos aux rgles traditionnelles. Elle doit adopter un systme qui convient son entourage et sa politique. Les contraintes institutionnelles demeurent la condition principale des checs scolaires.

Causes matrielles
Ds le 19me sicle lenseignement est devenu une entreprise dont-on parle de rentabilit. Tout le monde affirme que lcole doit poursuivre un systme conomique de rendements. Lcole demande des outils prcis et un systme dont-on parle de la gestion conomique. Les parents mmes ne renvoient leurs enfants lcole que pour garantir ces derniers un emploi convenable. Lorsque le nombre des chmeurs augmente les jeunes ne sintressent plus lcole. Ils disent tous quil sagit dune perte de temps et dargent. Ce qui provoquent leur chec scolaire. Les pauvres aussi ne peuvent poursuivre leurs tudes malgr leurs talents ce qui dtruit leur avenir et bloque leurs comptences. De plus, les tablissement publiques ne peuvent subvenir aux besoin des lves qui souffrent gnralement dun niveau instable et bas.
Il y a galement dautres causes. Notamment les causes communicatives qui demeurent une forme de socialisation orientant les lves vers de diffrents codes de la parole. La moindre perturbation ce niveau, peut entraner videmment lchec scolaire Lensemble de ces conditions participent la condamnation de lavenir de lapprenant. Toutefois, parfois, ces problmes peuvent pousser un lve obtenir de bons rsultats lorsquil conoit le savoir comme un refuge, comme un moyen de dlivrance.


Les consquences nfastes de lchec scolaire
]Lchec scolaire introduit des maladies sociales de graves consquences. Notamment : les crimes, les dbiles, le chmage, lincomprhension de lAutre, la non- communicabilit, la solitude, lexclusion La socit ne peut accepter ceux qui chouent. Parfois, lchec scolaire veut dire la mme chose que lchec social tant quon considre lcole comme tant la clef qui ouvre toutes les portes. Elle est mme le seul moyen, actuellement, qui importe le plus. Lchec scolaire entrane llve qui a chou钒 dans une impasse et bloque ses capacits dans la mesure o il menace son avenir tout entier.[
Lchec scolaire peut largir lcart entre les classes sociales et aggraver la diffrenciation entre les individus. Le progrs ne peut avoir lieu dans ce sens, le dveloppement diminue au fur et mesure dans labsence dune bonne ducation, voire dans labsence de la russite scolaire. Lchec scolaire a des consquences nfastes puisquil peut dtruire lindividu moralement et socialement comme il peut causer dnormes dgts conomiques, ducatifs, sociaux, politiques quon ne peut rsoudre. Lchec scolaire est un phnomne horrible qui reste le problme du sicle dans la mesure o les tudes saccroissent et se multiplient sans cesse afin de rsoudre ce problme.
Conclusion
]Lcole ne peut plus se plier sur elle-mme. Nous aspirons des changes avec le monde extrieur, avec toutes ses diversits. Cette ouverture est ncessaire pour crer une mdiation entre la socit et lcole comme moyen de socialisation.
Il faut dcouvrir lenvironnement social et naturel de lcole en voyageant vers lAutre. Les enseignants doivent tablir une collaboration effective avec les parents dlves qui doivent sassocier aux projets de lquipe ducative. Lducation doit tre technologique pour quelle soit une rflexion sur les modifications entranes dans le processus dapprentissage et dans une situation pdagogique non politique. Comme il faut revoir la situation des coles, la qualit des programmes et surtout leffectif des lves en classes qui peuvent entraver toute rforme dans ce sens.
Lchec scolaire reste la problmatique du sicle qui ncessite des recherches sur terrain des tudes approfondies et srieuses pour trouver des vritables solutions ce phnomne sociale et pour viter de reproduire lingalit sociale, au moins, au niveau cognitif.

Bibliographie
. Patrice Pinell, Markos Zafiropoulos, Un sicle dchecs scolaire, les ditions ouvrires, Economie et humanisme, Paris, 1993
. Basil Bernstein, Langage et classes sociales, Minuit, Paris, 1975
. Jean Furri, Jean-Paul Gourvitch, Bernard Benattar, Le Mtier denseigner, Fleurs, Education et socit, 1987.
. Le Petit Robert, Paris, 1998.








[1][ . Patrice Pinell, Markos Zafiropoulos, Un sicle dchecs scolaires, les ditions ouvrires, Economie et humanisme, Paris, 1993, p.17
[2][. Jean Furri, Jean-Paul Gourvitch, Bernard Benattar, Le Mtier denseigner, Fleurs, Education et socit, 1987, p.109
[3] Op.cit., p.109
[4. Basil Bernstein, Langage et classes sociales, Minuit, Paris, 1975, p.231-232

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