3303
 
         

 | 
 

 protecta du france sur le maroc

         
abdou



: 20
: 24/01/2008

: protecta du france sur le maroc    15 2008 - 10:06

[hr]

[hr]


... C'tait au Maroc. A l'poque on discutait beaucoup de la question algrienne, et chaque fois le Sultan Mohamed V demandait ce qu'on me consulte, on me disait Hada, Ray El Malik (Ceci est l'avis du roi). Comme j'tais aussi le roi du oud, ce pseudonyme m'est rest jusqu' maintenant....

Pour Ibn Souraydj, le premier grand chanteur de l'Islam, le parfait musicien c'est le seul qui enrichit la mlodie, a du souffle, donne leurs proportions aux mesures, souligne la prononciation, respecte les dissonances grammaticales, tient les notes longues leur pleine valeur, spare les notes courtes distinctement et, enfin, se sert correctement des modes rythmiques.... Cette clbre dfinition sied, sans exagration aucune, comme un gant au virtuose du luth, l'artiste la voix d'or, l'artiste la mmoire gigantesque, l'artiste aux connaissances artistiques incommensurables que fut Rey Malek. C'est ce titre qu'un vibrant hommage lui sera rendu titre posthume par l'association culturelle Djoudour (Racines) travers des journes nationales sur la musique andalouse (1re dition) qui se tiendront du 22 au 25 du mois courant la maison de la culture Takhi Abdellah Benkeriou de Laghouat, et auxquelles sont convies, entre autres, les associations musicales Ettarab El Acil de Tlemcen et Nassim El Andalous d'Oran, ainsi que le groupe musical Ghomari de Ndroma, l'instar de sa consoeur El Moutribia de Biskra, qui a organis dernirement une manifestation similaire la mmoire de la diva Mriem Feka.

A propos, qui est ce monument mconnu de l'art algrien, ce troubadour maghrbin et arabe, qui fut le compagnon des plus grands d'alors, tels El Hadj El Anka, Mahieddine Bachtarzi, Mohamed Belhadj Tlemani...? De son vrai nom Djoudi Mohamed Ben Ahmed Bentahar, Rey Malek est n (prsum) en 1902 Laghouat, dans un quartier de l'est de la ville, fils d'Ahmed dont le mtier est d'assurer, en 1915, cheval, ensuite en voiture, la liaison postale Djelfa-Laghouat (A propos, quand un hommage de l'Union postale universelle ou d'Algrie Poste pour ces valeureux courriers du dsert?). Malek, un passionn de la diligence, abandonna, ds 15 ans, ses tudes pour aider son pre, modeste employ postal (qui l'incita travailler au sein de la mme entreprise, et ce, avant la fin de la Premire Guerre mondiale), comme apprenti graisseur. Ensuite, il se rfugie Tiaret, l'insu de ses parents, o il travaille aussi comme distributeur de colis postaux sur la ligne Tiaret-Aflou.

Auparavant, il frquentait la zaoua des Moussaoui laquelle appartenait son pre. Il y apprend la posie mystique ainsi que la posie populaire dite melhoun; ses dons artistiques se mettent en valeur en s'exerant mmoriser les textes mystiques notamment ceux de Sidi Boumdine El-Mghite. Son matre, le Cheikh Mustapha Benhassen, va le distinguer parmi ses condisciples en qualit de moqadem. Paralllement cette activit, le jeune Mohamed faisait une scolarit studieuse et trs rgulire, prcde d'une formation l'cole coranique l'instigation de son pre qui lui cra les conditions favorables pour qu'il apprenne l'arabe. Son ducation ainsi que son instruction taient parfaites, c'est ce qui tonna ses parents en apprenant sa fugue Tiaret. Aprs une courte priode, il est reconduit Laghouat par des amis de la famille qui l'avaient repr (tout est rtrospectivement possible).

Par la suite, beaucoup d'adversits ont modifi, faonn sa vie, sa vision des choses, la philosophie de son existence... Son destin artistique semble croiser dans une certaine mesure celui de son alter ego algrois, Mahieddine Bachtarzi, qui fut pris en main par l'illustre matre de confession juive Edmond Yafil ainsi que la diva tlemcenienne du haouzi, Cheikha Tetma, parraine elle aussi par un musicien isralite, en la personne de Braham Edderaii. En effet, un petit job, commis de cocher chez l'un des Franais les plus riches de sa rgion, a marqu un tournant dcisif dans sa vie. C'est partir de cette position relativement privilgie qu'il a pu s'adonner l'art, la posie. Vers 1917, un Juif, qui tait prsident de la compagnie de diligence o il travaillait, tait un amoureux de la flte et jouait avec virtuosit. Il a pris de lui les premiers enseignements, une pratique artistique en somme.

Rey Malek se marie en 1920, puis la mort de son pre, il s'occupa d'un fonds de commerce d'alimentation gnrale. De son vivant, le pre ne voulait en aucune manire que son fils apprenne ou fasse la musique. Nonobstant, le destin en a dcid autrement; car la suite d'une altercation avec un policier franais, et pour chapper l'arrestation, il s'enfuit de Laghouat pour s'engager dans l'arme franaise o il s'intresse la flte et au tambourin. Six mois plus tard, il devient tambourin-major du 17me rgiment de Chalan-sur-Chanvres en France. En 1924, il quitte l'arme et de retour Laghouat, il retrouve sa mre malade et la limite du dnuement. Sans emploi stable et rvolt par le fait de voir la destine se retourner contre lui et sa famille, il dcide alors de partir au Maroc, Rabat exactement, o il avait mme obtenu un poste de travail de distributeur postal, ce mtier qu'il connaissait bien. Mais l aussi, il va subir la pression de son employeur qu'il quitte aussitt pour Marrakech o vivait une de ses tantes; et c'est l qu'il pntra par la grande porte le monde enchanteur de la musique. Sa carrire de musicien dbuta en 1927. A l'poque, il commence s'intresser la mandoline. C'est pour cela qu'avant d'aller au Maroc, il se trouvait souvent au local de Mahieddine Bachtarzi la rue Randon. C'est durant son long sjour marocain de douze ans (1926-1939) qu'il enrichit ses connaissances dans le patrimoine musical andalou en ctoyant plusieurs cheikhs clbres de cette poque, qui sont Cheikhs El Kittani, Sidi El Kechachbi, El Ghali Latrche, Abdeslem El Djne et Abdeslem El Khiati, spcialiss tous dans le genre classique maghrbin, qui l'entourrent de leur bienveillance. Conquis par le genre classique de Grenade el gharnati, Rey Malek perfectionna ses connaissances auprs d'un matre, Cheikh El Mtiri qui lui apprit jouer du luth, un instrument qui va devenir son ftiche, aprs la flte, la mandoline et la kamancha (violon), grce aux conseils clairs d'un matre rput dans les milieux de la haute socit marocaine Rabat, Cheikh Tahar El-Djazari.

Favoris par sa mmoire prodigieuse, Rey Malek fixera dans son esprit tous les maqamte (modes ou tempraments) en usage dans la grande musique arabe. Ce qui lui valut le titre pseudonymique de Rey Malek: ... C'tait au Maroc. A l'poque on discutait beaucoup de la question algrienne, et chaque fois le Sultan Mohamed V demandait ce qu'on me consulte, on me disait Hada, Ray El Malik (Ceci est l'avis du roi). Comme j'tais aussi le roi du oud, ce pseudonyme m'est rest jusqu' maintenant..., devait-il expliquer lors d'un entretien accord dans les annes 80 l'hebdomadaire (dfunt) Algrie Actualits'. A partir du Maroc, il entame plusieurs autres voyages qui vont le mener en Tunisie et en Libye vers 1935. Il revient Laghouat en 1938, o il apprend la mort de sa mre, survenue, sans qu'il ne le sache, plusieurs mois auparavant.

Avec le dclenchement de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, il est rappel sous les drapeaux de l'arme. C'est au Liban qu'il sera affect. Cet vnement va lui permettre d'crire une chanson (une complainte) intitule Mre, ne pleure pas inspire d'une posie du pote populaire gyptien Seyed Derouiche. Cette mobilisation est la consquence directe de sa passion pour le oud (charqi), qui au Moyen-Orient faisait l'poque des ravages. Si Tahar, un matre gyptien rput comme chanteur au sein des familles bourgeoises, qui, grce son talent, tait introduit dans tous les maqamte et dans l'aristocratie au Caire, l'a pris en affection et lui a permis de grignoter avec lui un peu de oud. Cette prgrination moyen-orientale a, pour ainsi dire, t le contrepoids ncessaire sa formation musicale qui tait jusque-l fortement imprgne de l'enseignement des Juifs. Avec Si Tahar, en Egypte et au Liban, il a ainsi tu, exorcis le juif qui habitait Rey Malek pour le remplacer par un arabe, artistiquement s'entend. A ce titre, cette priode qui verra des dplacements de Beyrouth au Caire et Damas va tre artistiquement aussi profitable que celle du Maroc, puisqu'il fit la rencontre du grand interprte et compositeur El Hadjar, qui l'introduisit dans les milieux artistiques du Caire et de Damas.

En 1943, Rey Malek dserte l'arme et revient chez lui en Algrie. Il s'installe momentanment Tlemcen, craignant d'tre rappel; l, il continue aussitt son activit artistique auprs de Cheikh Mohamed Belhadj Tlemani, dans le but de parfaire sa formation andalouse: Croyez-mois, apprendre le chant de Si Med Tlemani n'tait pas une mince affaire, ni un honneur infime, devait-il avouer avec modestie, de son vivant. Quelque temps aprs, Moufdi Zakaria le prend avec lui Alger. L, il le recommande quelqu'un la rue Bouthin pour qu'il l'introduise chez Ahl El-Fen comme on disait dans le temps. Un peu plus tard, ce local de la rue Bouthin a pratiquement perdu tout caractre lucratif, devenant le lieu de ralliement de tous les Algriens pris d'art et qui voulaient inscrire leur action artistique dans une mouvance autre que celle de l'art de la coloniale (Soulignons que ce local rappelle, de par sa vocation, le salon de coiffure de Cheikh Boudelfa, le matre de Cheikh Larbi Bensari, d'El Medress Tlemcen ainsi que la boutique de Cheikh Omar Bekhchi, le matre de Hadj Abdelkrim Dali, de la rue de Mascara dans la mme ville).

A la rue Bouthin, ses fans taient, entre autres, Mustapha Skandrani, Debbah Ali dit Alilou et Amraoui Missoum, qui vont l'entourer de tous les gards dus un grand matre. Le chanteur de chabi Cheikh Kaddour Cherchalli dut son initiation dans la technique instrumentale Rey Malek. C'tait la priode o Si Ahmed Lakehal faisait des prouesses de souplesse et d'ingniosit pour permettre des Algriens de passer Radio-Alger. C'tait l'poque ou Chalal El-Blidi faisait des merveilles dans le na (flte orientale), Touri dans le thtre... Le oud (luth) tait un instrument encore nouveau l'poque. C'est ce qui explique ses succs initiaux. D'aprs lui, et selon plusieurs tmoignages, il a t le premier consacrer et gnraliser le luth oriental en Algrie. Il donne les indications ncessaires son cousin, bniste, Djoudi Mabrouk, qui s'est mis la fabrication artisanale de cet instrument (il fabriqua son premier luth en 1930). A noter qu' Laghouat, le luth est appel dans le jargon local fhel alors qu' Tlemcen ce vocable est utilis dans le dialecte citadin pour dsigner la flte traditionnelle. Lors d'un salon national sur les instruments de musique traditionnels qui s'tait tenu il y a quelque temps Tlemcen, l'actuel wali Abdelouahab Nouri avait invit ce dernier s'installer dans la cit des Zianides pour former les jeunes dans le mtier de la lutherie en lui proposant un poste l'institut des arts traditionnels de la ville. Signalons au passage que Si Mabrouk le luthier magicien s'est teint le 16 fvrier dernier. Evoquant El Hadj El Anka (qui, dit-on, n'hsitait pas le consulter), Rey Malek rapportera dans le mme journal: Tu vois ce mandole ? Et bien, mon ami, sache qu'une fois dans une soire la rue Bouthin, El Hadj El Anka, Allah yarahmou, en a si bien jou, a si virtuosement fait parler ses cordes qu'un Juif qui tait avec nous a compar ce mandole d'El Anka des cloches d'une glise... Ce jour-l, pourtant, El Hadj avait jou faux. Tu sais pourquoi je te dis cela ? Pour que tu me dises combien de fois la tlvision passe El Hadj ? Combien de fois elle parle de Touri, de Rachid K'sentini ?.... Ne dit-on pas que nul n'est prophte en son pays ?

[hr]
    
zairi39




: 305
: 25
: 17/02/2008

: : protecta du france sur le maroc    29 2008 - 8:28

    
http://www.xx-boudad-xx.skyblog.com
 
protecta du france sur le maroc
          
1 1
 
-
» les impots au maroc
» 
» Transformations lentes et transformations rapides
» almontakhab alwatani
» writings bac

:
 ::   :: -